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Publié le par Dr. Chaussette et Mr. Gniourf

     Réflexion faite à haute voix alors que je fermais Word : « oh non tiens j’ai envie d’écrire ce soir ». Ok. Rouvrons la chose, écrivons. Ecrivons ce qui nous passe par la tête, n’importe quoi ; même si ça ressemble fortement aux délires habituels (à savoir, muse (finalement j’ai été dure avec le live sur unintended, il est assez joli), muse (je ne vais pas pouvoir avoir le DVD aussi tôt que les autres, j’en suis frustrée) et muse (ça y est, après ma phase de rébellion, je suis recontaminée : je réécoute))

 

     J’ai foiré mon bac blanc de français : l’oral, pourri, même le prof me l’a dit, c’est en aucun cas de la fausse modestie. Quand à ma « performance » écrite, je la sens de moins en moins.

 

     Cela me rend grognasse. Oui, j’ai trop d’assurance, je me vois déjà tenter les concours de l’ENSAD et Cie, mais faudrait déjà que je sois capable d’avoir mon bac. Ben oui, si sur le FRANÇAIS je me loupe de la sorte, qu’est-ce que ça va être pour le reste, hein ???

   Ce n’est pas moi qui vais avoir mon bac grâce au sport. Et l’art plastique n’est que coefficient deux. LA grosse merde. Et encore, je suis confiante en me disant que j’aurais une bonne note, mais qui sait ? Hein ?

 

     Rien ne va plus, je suis moins confiante en moi-même qu’une crotte de nez sur une robe de satin.

 

     Mais QU’EST-CE QUE JE VAIS FAIRE DE MA VIE, quelqu’un peut-il me dire ? Non, sûrement pas, je ne crois pas à la divination.

J’ai de nombreuses appréhensions. Je suis pas faite pour les études, j’suis une feignasse, je vais pas surmonter et soutenir le rythme, je vais pas me faire admettre, je vais me retrouver dans un truc que je déteste tel que le marketing ou la gestion, je vais finir par me suicider parce qu’en plus je n’aurais plus de vie sociale.

   Ouais, elle m’inquiète aussi, ma vie sociale, en plus de la professionnelle. Vais-je avoir éternellement ma mère sur le dos qui m’empêchera de voir mes amis ? Tom va-t-il me lâcher à cause de ça ? Est-ce que je n’aurais plus d’amis à force de ne pouvoir me déplacer que très occasionnellement, et ce seulement pour du boulot fait en groupe ? Parce que je ne pourrais jamais avoir mon permis ni de carte imagin’R ?

   Et vais-je réussir à contenter mes besoins incessants de combler mes désirs de sorties et de bonheurs musicaux ? Ferais-je plus d’un concert dans ma vie de blonde ? Jalouserais-je sans arrêt mes amis et connaissances qui font des fêtes et des concerts tous les week-end, vont voir leurs potes et montent sur Paris en semaine et pendant les vacances, partent ensembles en camping et faire leur job d’été, voyage dans tous les pays du monde et s’entendent a merveille avec l’ensemble de leur famille (presque) ?

   Ce sont d’adolescentes réflexions, pourtant elles m’oppressent très désagréablement. Parfois j’me dis que j’suis en train de gâcher les années parmi les plus « cool » de ma vie. J’ai envie, besoin de sortir, au lieu de geeker, mais même pas seulement pour la détente, quoi, simplement pour ma culture G, par exemple ! C’est affolant tout ce que je ne sais pas de basique. C’est tellement élémentaire, ces connaissances que je n’ai pas faute d’ouverture sur le monde EX-TE-RIEUR, que je n’ose même pas demander d’explications, même à mes amis.

   Ca me fait peur. Après on me prend pour une conne, ou bien on me dit que je suis associable, ou bien alors on s’étonne que je n’ai pas beaucoup d’expérience ou que je ne sois pas beaucoup sortie dans ma vie, ou encore on croit que je cherche à éviter les gens car je ne peux jamais être libre dans les dates qu’on me propose (même à l’avance) et que mes excuses sont invariablement toujours les mêmes et pas forcément très valables pour quelqu’un qui ne me connaît que moyennement ( « j’suis chez mon père », « j’ pourrai pas c’est hors de question pour ma mère », « ma mère acceptera jamais ça », « j’suis déjà sortie y a 2 mois ma mère va trouver que ça fais trop », « j’ peux pas venir parce que je dois prendre le train, le payer et que ma mère trouve que c’est trop cher même si c’est pas elle qui paye », « Ma mère veut plus que j’aille à Paris c’est une ville maudite », etc., etc.).

 

     Arf. Parfois, je deviens une déprimée, une vraie. Je me fais peur. C’est souvent pendant les vacances, ces périodes ou je suis longtemps seule à ne rien faire, et que je sais les autres en train de bosser fructueusement et de s’amuser. J’ai des pensées morbides, je ne parle plus, je m’habille avec le moins de soin possible, je ne me coiffe plus du tout, j’ai les yeux qui deviennent gonflés et rouges de geekage et de larmes, j’ai des crises étranges d’hystérie où je pousse des cris suraigus ou atrocement graves, qui me poussent à faire des tentatives involontaires de suicide (je sais tout cela est paradoxal et étrange), cela m’horrifie, en fait je m’horrifie moi-même, car je ne me reconnais plus. Je n’ai plus aucune conviction alors qu’en temps normal, même si je me plains beaucoup, « j’y crois », comme on dit, et j’aime tout ce qui grouille de vie. En temps normal je trouve tout à fait inconcevable ne serait-ce que de penser à arrêter le cours d’une vie, car je trouve la vie suffisamment étrange et intéressante, comme « chose, truc », que je lui trouve la peine d’être vécue et observée du maximum d’angles de vue possible. Mais dans mes passages de solitude noire, je ne me plains même plus, je ne pense plus trop, je me fou de tout, et s’il m’arrive parfois de risquer accidentellement de porter atteinte à ma vie, et bien je laisse faire, je ne fais rien pour me relever, pour me « battre »…

   Cela est difficile à écrire, j’ai des relents de souvenirs, de douleurs et de larmes, des remords aussi, mes yeux se brouillent et j’ai du mal à croire, simplement à croire, que j’ai pu être de la sorte. Qu’il a pu m’arriver de choses telles. C’est tellement puéril, quand on imagine et voit ça d’un point de vue externe… mais pourtant, quand la non-action, la non-pensée vous prend, et qu’avec recul vous y pensez, le revivez, vous trouvez cela horrifiant. Pourquoi est on si fragile ? pour des choses aussi idiotes qu’un manque relatif de vie sociale, qui se comble bien vite, pour un manque d’affection temporaire… et pourquoi a-t-on absolument besoin d’affection, de « vie sociale » justement ? Pourquoi… être si  fragiles… ne pas être assez forts...

 

     Ce qui me fais horreur, aussi, peut-être même au premier plan, c’est cela : à supposer que les gens soit honnêtes, alors ceux qui disent m’aimer, comment ai-je pu un instant interminable penser qu’au fond rien de tout cela ne serait important pour eux si mes pensées venaient à disparaître au fond du rien qui commençait à se former « concrètement » en moi, ou plutôt comment ai-je pû ne « pas penser », oui, « m’en foutre » ; enfin le « j’m’en foutisme » n’est pas le mot, en fait j’étais dans un état étrange que je ne peux décrire et duquel je ne peux totalement me souvenir, car pour cela il me faudrait le revivre. Une sorte de vide dans mes pensées mais aussi dans mon corps, et dans ce que j’appellerais désormais mon « tout », une sorte de vide confiant et serein malgré tout, qui emplissait agréablement tout ce qui semblait m’entourer…

Cela aussi me fais peur. Je ne pensais plus, je n’aimais pas la situation, mais elle ne me faisait pas horreur non plus. Avec recul, bien sur, j’en ai peur, mais ce qui me semble le plus horrible n’est pas la chose, qu’au fond je crois me souvenirs qu’elle n’était pas si désagréable que cela, mais plutôt le fait que, justement, rien ne m’ai fait vouloir m’en éloigner, je ne sais, moi, une douleur, une prise subite de « conscience » (si on peut encore parler de conscience et d’inconscience), qu’il n’y ai eu aucun « signal » d’alarme comme la nature sait si bien en donner.

 

     Je me reproche également d’en avoir parler « à vif », sans avoir cherché à vraiment faire réflexion sur moi-même comme j’essaye de le faire habituellement, sans avoir cherché à prendre du recul. Plutôt que de me soulager, cela a amplifié mon horreur envers moi-même.

 

   « Oui, tu sais, c’est pas péjoratif, mais en effet, tu as en toutes évidences besoin d’un psychologue ».

   Ce n’était pas dit en ces termes exacts, mais résumés, ils étaient tels. J’en avais avancé l’hypothèse d’abord. Mais… je doute.

   Je doute dans tous les cas, dans toutes les situations, de toutes les manières.

 

     Je ne sais si je vais oser publier ce texte sur Internet. Je ne sais aussi comment j’ai réussi à parler de cela aussi explicitement. Pas comme le texte d’un autre… d’une autre chose, que j’avais publié mais que personne n’avais réussi à décrypter, du moins je le crois, et tant mieux.

Il n’empêche que publier sur Internet, ce qui peut paraître idiot pour une chose du genre, me fais du bien. L’écriture est facile, j’écris pour moi d’abord, alors si j’arrive à m’exprimer, pour moi-même dans un premier temps, cela me libère d’une partie de mes malaises. Puis la publication est plus facile qu’un dialogue ou qu’une lettre directe. Je ne l’adresse à personne en particulier, et si quelqu’un, de toute façon assez proche pour ne pas trop se moquer de moi s’il lit tout cela (je pense), vient à lire et comprendre ces choses, je n’aurais pas forcément à affronter son regard de face, mais la personne pourra tout de même connaître une chose dont j’ai dans le fond besoin de faire part. Même si cela n’apporte rien à personne. Et que personne ne le lit. Par la publication, je me libère un petit peu de quelque chose. Je ne sais quoi exactement, mais cela me suffit.

« Je suis une lâche en fait »

Oui. C’est tout à fait ça. De tous les points de vue.

 

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M
Bon ben ok on est deux lâches alors parce que je fais la même chose.Je ne sais pas si ça doit te rassurer ou pas, mais je suis dans la même situation que toi : aucune (j'ai dit AUCUNE) sortie pendant mon adolescence, premier concert à 21 ans, pas de vie sociale, et pire! Premier roulage de pelle à 15 ans et demi (alors tu vois, et encore, ça n'a été qu'un soir, le copain d'après, je l'ai eu à 17 ans).Alors non je ne me moque pas.Mon bac blanc de français et mon bac de français, pas loupés. Mais j'ai loupé le bac blanc tout court, ça ne m'a pas empêché d'avoir la mention B après au vrai, même avec un 8 en maths et un 12 en physique (bon ok 17 en SVT ça aide). Il ne faut pas te fixer sur un truc, là vu le texte que tu viens d'écrire, je doute que tu fasses partie de cette majorité de gens de 16 ans qui écrivent en SMS avec des fautes partout et qui racontent que des niaiseries dans leur dissert'...Et puis le voilà le truc : tu as 16 ans, moi je trouve que tu sors vachement, comparé à moi et à mes amis, et aux connaissances, même populaires, à cet âge là. Aller voir Muse au Parc à 16 ans, y'en a pas beaucoup qui le font, crois moi...Et que ta mère puisse être chiante, bah écoute, je pense que je vais créer un clan sur netlog, hein, on sera les reines de la mère chiante! Enfin j'essaie de te remonter le moral, parce que tu me rappelles assez bien mes angoisses d'avant et de maintenant, mais je sais bien ce que tu ressens. Moi aussi je suis coincée là pendant que mes potes chouillent sur Rennes et jouent de la gratte tranquille en soirée en chantant des chansons débiles. Et moi pendant ce temps je bosse le concours, ma prépa de cours, et un concert d'orgue, tout ça pour le même jour. Mais c'est la vie aussi, dis toi que ce que tu passes à bosser ou à ne pas chouiller est un avantage aussi, par exemple jai un bon job, tous mes diplômes avec mention B, un mec... Mes potes qui chouillent font des études qui leur offriront un boulot de plus en plus précaire, elles ont un faible niveau d'étude et pas trop de motiv pour rentrer dans la vie active et au final, je m'en sortirai peut-être mieux qu'elle, au moins sur le plan financier et social. J'aime pas trop dire ça mais bon c'est la vérité. Entre un boulot de musicien, et un de prof, les gens choisissent vite.Bon je ne sais pas si je t'aide là, mais ça me fait de la peine de lire ça parce que c'est exactement la réflexion que je me fais (c'est pas pour rien que je te parle, lol). Les premiers paragraphes du texte, je les aurai mis sur mon blog, mes potes auraient cru que c'était de moi, on a vraiment le meme style. Vers la fin moins, mais bon.Bah écoute, si cet été j'ai du temps, que tu veux qu'on passe du temps ensemble... J'ai l'intention d'aller au V festival en Angleterrre avec B, si des fois ça te dit....mais ça sera cher pour ta moman je comprends bien et puis te laisser partir avec des étrangers blablablabla (t'inquiète je connais le truc).Enfin bref si ça ne va pas, je suis là, même si on ne s'est vu qu'une fois, je te comprends plus que bien.Courage!!!!(PS : noie ton chagrin dans Muse)
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