31/12/07
À l’intérieur de moi-même, au plus profond du petit creux de mon moi intime, pousse doucement un être. Une créature à part, Une créature étrangère a moi-même. Mais pourtant je le
sais, je le sens, j’en ai la conviction, cet être fait partie de moi, influe sur moi, est une partie de moi, est peut être tout simplement moi.
Mais cet être, cette chose dérangeante a autrui, aimante, nommons-la comme on le veut, qu’elle soit vie, pensée, personnalité, passion, amour, quelque chose d’entièrement extérieur
à nous même, la société, les autres, Autrui, oui, les autres, nous force à le cacher, le terrer au fond de notre ventre, le tuer. Car, soit l’on n’a pas la statut jugé correct par
Autrui, soit l’on sait qu’on ne pourrait vivre avec cet être ET avec les autres.
Cet être, cette petite chose, que l’on sent grouillante de vie, de caractère, d’ambition, peut-être est-ce la motivation, celle de vivre, de se conduire, qu’en sais-je ; cet
être, qui au final pourrait être moi-même, est poussé au statut d’Autre par Autrui.
Comme un corps étranger…alors que ce corps, cette esprit, cette chose en question vient de moi, provient de moi, de ce creux, de tout moi, une infime partie de chaque chose qui me
compose la compose…
Je voudrais ne faire bel et bien qu’une, ou qu’un, avec, mais Autrui me force à bâtir une barrière entre cette chose et moi, me force à en faire un Autre, un étranger, une
Aliénation ; Et me force à couper le lien qui existe entre la chose et moi, à la détruire.
De là viennent mes larmes.
De la destruction de l’ « Autre-Moi » Par Autrui viennent peut-être nos peines.
01/01/08
Je finis par obéir a Autrui, car je suis consciente qu’il est dangereux pour moi de choisir Autre-Moi à Autrui. Que, pratiquement, Je ne peux vivre sans Autrui, Avec ou sans
Autre-Moi, et que je ne peux vivre Avec Autre-Moi en compagnie d’Autrui.
J’agis, donc, je fais effort sur moi-même, et je sens petit à petit la chose agir sur mon corps.
Tout se fond. J’ai mal. Autre-Moi suffoque. Les larmes se font bouillantes, aussi bouillantes que cette effervescence au creux du ventre, mais rien n’y fait, Autre-Moi commence à
s’évanouir. J’ai peur du mot Mourir.
Et s’il s’endormait juste au fond de moi, Autre-Moi, pour un temps donné, pour obéir, indirectement, certes, à Autrui, car il aurait compris, lui aussi…Puis s’il pouvait se
réveiller…un jour…ou tout simplement si ces sensation d’effondrement n’était qu’illusion psychologique, qu’Autre-Moi subsiste bel et bien… ?
Le fait est que, illusion ou pas, je sens, je sais Autre-Moi partir. Je ne le veux pas, mais je le veux en même temps…ou plutôt Autrui me force à le vouloir.
Tout se trouble, je ne sais plus.
Mais autre-Moi s’en va.
02/01/08
Je rêve de connaître le bonheur, celui dont on m’a parlé avec tant de passion, celui de sentir Autre-Moi se développer en harmonie avec moi-même.
Je ne veux pas de cette chose qui tue le bonheur avant qu’il soit connu.
Je fais, je commets un horrible crime. Non, rien ne peux me déculpabiliser, rien ni personne ne me déculpabilisera jamais, même si je sais que la volonté première vient d’Autrui et
que je ne peux empêcher cette volonté de dicter mes actes.
Je tue, pire qu’un autre, je tue, j’étouffe je séquestre, je force à se cacher, j’éradique une partie de moi, peut-être même moi-même.
Demi suicide. Quoi que « demi » ne soit peut être pas assez. Ou bien trop. Ou pas assez ? Pas assez…trop, pas assez…
C’est une partie de moi, mais aussi une partie d’amour, de vécu, de vie que JE tue.
Tout cela me tuera sûrement, vengeance naturelle ou pas.
Je veux ressentir ce petit gargouillis de bonheur, ce gargouillement de vie, tout au creux de moi.
Il est trop tard.
02/01/08 (plus tard)
Vidée de moi-même.
Le trou béant que j’ai fait en moi, qu’Autrui m’a fait faire, ce trou béant que je ressens comme une absence de moi-même, ce trou béant dans mon ventre, dans mon cœur, se répercute
dans mon maintenant incomplète personnalité. Je le vois dans mes yeux, lorsque je me regarde dans un miroir.
Cela peut paraître cliché, banal, niais, simplet, tout ce que l’on veut, mais… Autre-Moi est parti, M’abandonnant, mutilée, privée d’une partie de moi.
Je ne sais pas comment j’arrive à faire une telle analyse de ce qui se passe en moi, comment je peux l’écrire, le recopier, même, et encore moins comment je peux envisager
d’ « exploiter » tout cela pour un devoir…
Cela va-t-il se lire ?
J’ai la désagréable impression de tenir un « journal intime » d’adolescente – ce que je suis soit-dit en passant. Et ce sûrement pourquoi
Autrui ne veut pas de mon Autre-Moi.
Je regarde tout ce que j’ai fais. Les gribouillages que j’ai d’abord exécutés, pour relâcher ma peine, baignés de taches humides. Puis la réflexion qui s’est ensuivit. Les
griffonages au crayon. Est-ce que la psychologie de l’écriture, tout ce truc, peut-il être vrai ? Car j’ai écris vers le bas, c’est inhabituel.
Voilà, je me sens refroidie, j’en ai d’ailleurs de gros remords qui me serrent le cœur. Comme si la chose, en plus de m’enlever Autre-Moi, m’avait enlevé les sentiments,
la sensibilité, et presque même la douleur que je ressentais par avance à cet enlèvement, cette incision, cette ablation.
03/01/08
Autre-Moi. Nom composé. Car peut être Autre-Moi est-il composé. Oui, c’est cela. Cela m’est venu tout seul, mais seul ou pas, il doit venir de ce fait. Car Autre-Moi était Moi,
Mais aussi Autre. Lui, l’Autre qui est en moi, dans moi, plus Moi, ça fait Autre-Moi.
Mais Autre-Moi, peut-être enfin la liaison, la seule vraie, qu’un individu peut faire entre lui-même et l’Autrui, n’est plus là.
Oh. Tu te ressaisiras, tout cela passera, qu’on me dira. Que d’autres Autre-Moi auront bien l’occasion de pousser.
Mais chaque Autre-Moi est unique, et même s’ils ne l’étaient pas, ils sont - ou bien ils ont été, ou bien encore seront peut-être.
J’ai tué, pour Autrui, non seulement une partie de moi-même, mais aussi une partie d’Autre, et surtout, le Tout que faisait ces deux partie. Le Tout que faisait Autre et Moi. Autre
et moi-même.
C’est peut-être, sûrement, évidemment, que dis-je, c’est le pire crime qui puisse exister.
En prenant du recul…je prends pourtant avec conviction la défense de ce crime contre ses opposants…
Mais…
« Cela me trouble, je ne sais plus. »
Je n’ai plus la possibilité de débattre avec moi-même. M’arracher autre-Moi revenait à entraîner avec lui tous les Autres-Moi, plus…métaphysiques? Ou en tout cas moins
concrets, plus abstraits, ces pensée volantes en moi…
Les noircir puis les faire taire, peut être même les faire disparaître, les tuer.
Mon autre moi, une partie, des parties. Envolées.
Et depuis le temps qu'Autre, qu'un Quelconque Autre a la possibilité de créer avec moi un "Autre-Moi", il faut que cet Autre-Moi vienne de l'Autre que j'aime, le plus, vraiment, donc l'Autre-Moi
qui me remue le plus. Je ne peux plus envisager que...